Archimaine : les archives numérisées
Numériser plans, cadastres, registres, cartulaires anciens, tout en les mettant, via internet, à la portée du monde entier, c'est le métier d'Archimaine.
Deux appels à projets ont révélé cette capacité d'innovation et la longueur d'avance prise par Archimaine. Le premier émane de la Délégation à l'aménagement du territoire (Datar), au milieu des années 1990. Recherchant alors une solution numérique pour ses archives professionnelles, l'expert-comptable Didier Caplan croise la préoccupation de Joël Surcouf, directeur des archi ves départementales : numériser, pour les protéger les plans cadastraux anciens. « Aucune entreprise ne s'en était souciée » note Didier Caplan qui, fort de cette labellisation Datar, crée Archimaine pour exploiter le procédé de numérisation des grands formats mis au point expérimentalement et en noir et blanc. Le second appel à projets est celui de Megalis, le réseau haut débit des régions Pays de la Loire et Bretagne, pour la mise en ligne de sites d'intérêt général. On est alors au tournant du 21e siècle. En fédérant les directions départementales des archives des deux régions, Archimaine soumet à Megalis la consultation des cadastres anciens numérisés.
Nouveau succès
Entre ces deux étapes majeures, Didier Caplan et le responsable de la société, Jacques de Baglion, sont allés très vite. Sur le plan commercial, les archives de nombreux départements, puis des grandes villes, ont suivi avec intérêt les résultats obtenus en Mayenne et sont devenues clientes à leur tour. Sur le plan technique, les progrès ont été rapides avec le concours d'ingénieurs recrutés pour développer des scanners (on est vite passé à la couleur) et des logiciels sophistiqués de numérisation, adaptés aux plans certes, mais aussi à des documents aussi particuliers et fragiles que les registres paroissiaux ou de recensement. Au fil du temps, Archimaine est devenu le partenaire leader des archives publiques : « En mettant au point le logiciel d'affichage des plans, on a vu que cela pouvait s'appliquer à l'affichage des registres, sans que l'internaute ait besoin de plug-ins ou des logiciels particuliers. Le système est rapide parce qu'il n'envoie que les informations que l'ordinateur peut afficher et il est sécurisé : ni téléchargement, ni duplication. » Pour la consultation du public, c'est une avancée considérable. L'exemple des archives mayennaise l'illustre : 40 places en salle de lecture alors qu'en moyenne 140 personnes sont connectées simultanément sur le site. En septembre, les internautes ont consulté 1,8 million de vues différentes dans les documents mayennais.
Aujourd'hui, Archimaine emploie une trentaine de personnes. Venues de plusieurs dizaines de collectivités, villes et départements, des archives précieuses sont numérisées à Laval, avec toutes les précautions nécessaires, puis deviennent des trésors universellement consultables. Dernier marché en date, la numérisation de l'intégralité des archives de la Légion d'honneur.

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